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Chaque ville devrait avoir une fontaine Médicis.

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Puisque ma jeunesse vieillissante ose enfin m’accorder la grâce de pourvoir m’enrubanner, les nœuds se lient, des souliers au contour de ma nuque.
Certains y voient une madeleine du bout des lèvres croquée.
Oui.
Il faudrait.

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Parfois, août donne un peu d’été.
Rare donc précieux.
Mention “à honorer”.

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Aller marcher, c’est comme croire en Dieu. En cas de pépins, ça peut servir.

Croire en Dieu, tout comme marcher, peut s’avérer pénible, d’où la nécessité d’une initiation au berceau.

De l’opportunisme, parfaitement. 
Mais je n’ai jamais prétendu être quelqu’un de bien.

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Il est une telle grandeur dans la pudeur nippone.
Je crois que ce peuple me fascine.

' Sur la pointe d'une herbe
devant l’infini du ciel
une fourmi’

Ozaki Hôsai

HAIKU, Anthologie du poème court japonais, NRF, Poésie/Gallimard

Haiku : forme poétique la plus courte du monde, se compose de trois phrases de 5, 7 et 5 syllabes, soit une seule ligne en japonais.

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Humer Paris.
La dépecer de l’humeur malveillante, carcasse des temps modernes charriées sur les trottoirs,
Relents acides du vide, et pourquoi ?
Dire ‘ De mon temps’ .
Et ne presque pas s’en tenir rigueur.

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Les Maisons de Bricourt - Château Richeux

“Je suis tiraillé par trois choses, les sortilèges de la baie du Mont Saint Michel coincé entre un désert et la mer, ce plus grand estran du monde. La deuxième chose, c’est l’arrière pays celtique. Pour un celte, chaque jour est une vie, chaque lever de soleil est une naissance, chaque coucher une mort et puis la troisième chose, c’est ce pays, qui est un marche pied de l’aventure. Réussir c’est partir, c’est revenir mais c’est partir.
Ici on a un aimant. C’est l’horizon.
C’est ces choses là qu’il faut raconter dans une cuisine.”
Olivier Roellinger.

Lorsque je suis entrée dans l’Entrepôt des épices de Cancale, située dans la Maison du Voyageur du XVIIIe, pour contrebalancer le fait de n’avoir pu trouver de table au Coquillage, j’eus à peine le temps de saluer son équipier, qu’Olivier Roellinger entra d’un pas vif, une gousse de vanille à la main, réjouit comme un premier né par l’essence qu’il venait de recevoir. “ Sens comme c’est étonnant, je trouve ça fantastique”.

Mais à ce moment là, on ne comprend pas encore pourquoi.

Pourquoi après plus de trente années de métier, il peut encore, un dimanche après-midi autant s’enthousiasmer pour une gousse de vanille.

Il faut attendre de découvrir le château Richeux, l’espace contrasté, les terres arables, le verger, le potager celtique et tous, qui se jettent d’un même pas sur la grève.

Le Coquillage, le goût.
L’odeur.
Peut-être la sérénité.

Ce n’est pas la cuisine, ni l’endroit,
Ni l’humeur engageante.
Peut-être l’équilibre de l’instant.

Alors après quelques mots glissés à la dérobée, un sourire un peu gêné, j’ai pris mon courage à deux mains pour oser demander ‘ Etes-vous complet-complet ce soir ‘ ?

***

En sortant, dans le hall du château, je croise mon chef trois fois étoilé, auxquelles il a renoncé.

Était-ce à la hauteur de vos attentes, me demanda t-il.
C’était rare, lui répondis-je.

Reprendre en main les bouts d’espoir en l’humanité qu’il reste pour croire qu’il est encore possible de trouver des âmes inspirées, chahutées par le seul plaisir de trouver la juste épice, le juste effet.

L’allégorie d’une vie.

La juste épice. Le juste effet.

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C’est toujours un instant délicat, lorsque la nuit se sépare du jour.
Chaque matin est une nouvelle vie.
Chaque matin j’accouche le monde.

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Le Carrousel ©

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